vendredi 17 juillet 2009

La saison prochaine à Vendenheim

Mon dernier article pour annoncer la saison prochaine, la septième du genre, au centre culturel de Vendenheim. De belles choses en perspective pour un lieu qui affrirme de plus en plus sa personnalité : mission culturelle et choix audacieux.
L'article a été publié dans l'Hebdoscope N° 1000 de juillet 2009.

Vendenheim : septième (ciel) !

L’Espace Culturel de Vendenheim a clôturé sa sixième saison : le succès était au rendez-vous, le public reste fidèle et, de surcroît, le nombre d’abonnements n’a cessé d’augmenter. Le bilan est plus qu’encourageant et conforte l’équipe de la Vie Culturelle et de l’Animation dans son projet et ses choix de programmation, à plus d’un titre. Nul doute que la saison prochaine sera ponctuée de nombreuses rencontres et de belles surprises.

Vendenheim continue dans la qualité. Visiblement, le lien avec le public, avec les publics, est tissé, durablement. Au-delà de la fréquentation des abonnés, on remarque d’emblée deux facteurs déterminants : l’importante demande des structures scolaires (le jeune public constitue un public à part entière) et la recherche par les spectateurs adultes de propositions riches de sens dans une palette large et éclectique. Le divertissement n’est pas incompatible avec la réflexion : « Klincke » et son nouveau cirque ont fait salle comble un dimanche après-midi, « Folies Colonies » à travers chansons et danse hip hop a permis d’interroger nos mémoires et le discours historique, le concert de Sanseverino est rentré définitivement dans les annales, non seulement pour le spectacle mais également pour la qualité du contact avec l’artiste après sa prestation. Le projet culturel prend là toute sa dimension : mettre en place une action de proximité, tant sur le plan géographique que sur celui des préoccupations individuelles et de la réflexion citoyenne.
Pour la prochaine saison (déjà la septième !), le programmation reste fidèle aux valeurs mises en place et plusieurs thèmes se retrouveront durant l’année à venir. L’ouverture de saison donnera le ton avec « De l’autre côté de la colline » de Pascal Rousseau. L’artiste, équilibriste évoluant habituellement dans le registre du spectacle de rue, nous donnera à réfléchir sur la réalité de notre présence au monde. L’interrogation de l’histoire reviendra régulièrement au fil de la programmation. La Compagnie Mémoires Vives, qui avait déjà présenté par le passé « A nos morts » et « Folies Colonies » nous propose cette année « Samudaripen : le génocide des tziganes », une coproduction réalisée dans le cadre d’une résidence d’artistes. L’exécution de Nicolas Sacco et Vanzetti Bart au seul motif de la pensée anarchiste a inspiré Jacques Dau et Jean-Marc Catella qui nous présenteront « Sacco et Vanzetti ». Une affaire qui fit grand bruit en son temps et dont l’injustice flagrante inspira de nombreux artistes, chanteurs et cinéastes.
L’ouverture aux troupes étrangères et aux cultures venues d’ailleurs reste une ligne forte. Que ce soit par les concerts d’Angélique Ionatos, du Trio Esperanca, du Quartet St Petersbourg, d’Aldo Romano, de Motion Trio ou par « La plus petite femme du monde » de la Compagnie Krepsko, nous toucherons du doigt à l’universalité des préoccupations humaines, quels que soient les lieux où ils émergent. Les thèmes sont les mêmes, ce n’est que leur coloration qui change en fonction des endroits où ils naissent.
Belles affiches encore avec Art Mengo, qui était venu il y a deux ans déjà, et dont le nouvel album sortira en septembre prochain, avec Buffo-Howard Butten le médecin à la double personnalité, spécialiste des enfants autistes, avec «La douleur » le texte de Marguerite Duras interprété par Dominique Blanc et mis en scène par Patrice Chereau et Thierry Nieu Niang, avec « Victor Hugo Mon amour » par la Compagnie Anthéa Sogno, avec d’autres encore, Marc Jolivet et son spectacle à vocation écologique, Warren Zavatta réglant ses comptes avec son grand-père de clown et « Transparences » un étonnant ensemble de verre.
L’espace Culturel de Vendenheim nous propose cette année trente trois spectacles, dont neuf à destination du jeune public, d’une intéressante variété et d’une qualité éprouvée. En plus du plaisir que procure le spectacle vivant, les spectateurs ont souvent l’opportunité de rencontrer les artistes et d’échanger avec eux.
Là aussi le lien de proximité prend toute sa dimension.

En face et derrière chez moi : Pluie et brume de juillet

Ces derniers jours, la pluie est tombée souvent. Le sol est gorgé d'eau, l'air est saturé d'humidité. Le matin, lorsqu'il fait encore frais, les nuages sont bas et restent accrochés aux reliefs. On croirait des écharpes de brume automnale. Pour un peu, on imaginerait les plantations de thé dans les hauteurs de Ceylan ou du nord de la Thaïlande.Même le château du Haut Koenigsbourg sembler flotter dans les nuages, construction irréelle et improbable, semblant tout droit sortie de l'imagination d'un auteur de bande dessinée.

jeudi 16 juillet 2009

Germain Roesz à Colmar

Belle découverte que celle du cloître des Dominicains (accès par la bibliothèque municipale) qui des tableaux de Germain Roesz. Encore un de ces endroits où l'on attérit au hasard, en cherchant autre chose. La peinture de Roesz, pour ceux qui ne la connaisse pas, en vaut vraiment le détour. Il ya là plus que de la peinture : de la poésie, des mots, des évocations, bref tout un tas de choses qui magnifient... L'article dans Hebdoscope suivra rapidement...
Tout d'abord "La Vierge au buisson de roses" (Martin Schongauer, 1473) qui est le déclencheur de cette série, puis suivent quelques tableaux de Roesz et des vues du cloître des Dominicains, actuelle Bibliothèque Municipale.




lundi 22 juin 2009

Kimonos : effets de tissus...


Pour le chanoyu, le maître de thé choisit son kimono en fonction du thème qu'il a retenu, en fonction de ses invités, de la saison, de la particularité du jour, en fonction de...
Au delà du vêtement, le kimono participe à la construction de l'espace symbolique et permet à l'invité ou au spectateur d'y trouver sa place. Mais comme pour toutes les portes, il est important d'en connaître la clé...

Chanoyu : instants de grâce...

Etant amateur de thés, la cérémonie japonaise du thé chanoyu, ne pouvait que m'attirer. Ayant participé à plusieurs d'entre-elles, j'y ai pris quelques photos... Les photographies ne donnent malheureusement que des images instantanées, il manquera toujours la rigueur et la souplesse du geste, la précision dans la disposition, la cohérence des symboles, et surtout, surtout la douce sérénité qui s'installe. Expérience à chaque fois unique, le chanoyu nous invite partager la tasse de thé, qu'il soit usucha (léger) ou koicha (fort), et a toucher du doigt wa, kei, sei et jaku.
Le temps y est suspendu et les problèmes du monde en sont étrangers.

lundi 18 mai 2009

Traces de matcha

Voilà une rencontre exceptionnelle : un koïcha (thé fort) suivi d'un usucha (thé léger) préparés par Maître Yuiko Tokugawa, dans un chawan (bol à thé) réalisé par Aisaku Suzuki.

Moment fort intense, souvenir puissant, il y avait là, dans "préparer un thé et le partager avec ses invités" les quatre bases du chanoyu : wa (harmonie), kei (respect), sei (pureté) et jaku (sérénité).
Magie des formes et des couleurs, composition, dialogue entre les surfaces, lumière : quand un fond de bol prend des airs d'art contemporain...

lundi 11 mai 2009

Ma dernière boîte à thé !

Ma dernière trouvaille : une magnifique boîte à thé de chez Félix Potin, dénichée chez l'un de mes brocanteurs préférés. De forme parallélépipédique et de base carrée, son élégance est due à sa hauteur et surtout à son ouverture, petite et ronde, posée dessus comme un bouchon. C'est dommage, mais il manque le cabochon de fermeture...
La bichromie, noir et or, lui donne un surcroît de noblesse.
L'inscription sur la face avant donne les indications d'origine de la boîte, mais non du thé qu'elle a pu contenir : "Félix Potin, boulevard Sébastopol, Paris". Il est difficile d'être plus minimaliste. C'est sobre, pour le moins.
Les décors du dessus de la boîte sont très fatigués, quasiment effacés. Les décors sur les côtés sont de l'ordre de la bizarrerie extrême-orientale. On y retrouve pêle-mêle des symboles d'écriture, des animaux (carpe bondissante), des dragons, des objets (pipe). Un personnage moustachu y est représenté, en train de fumer une pipe allongée (opium ?). Il y a des représentations qui ont la vie dure ! Sur la face arrière figurent des signes qui font penser à des idéogrammes. Réalité ou simple illustration ? L'un d'eux pourrait ressembler à l'idéogramme "cha" du thé.