Voici le texte de mon dernier article, à paraître dans le prochain numéro (septembre) de Tranversalles. La nouvelle exposition du Musée Würth à Erstein est vraiment superbe, il ne faut la manquer sous aucun prétexte !
Vents d’Est et d’Ouest
Avec la nouvelle exposition « Paris-Karlsruhe-Berlin, Vents d’Est et d’Ouest », le Musée Würth France Erstein nous offre à voir des éléments de la collection Würth, mais pas seulement. Des prêts sont venus enrichir la proposition, issus de collections privées et de galeries pour certaines, de musées publics pour d’autres. Avec les 170 œuvres provenant de près d’une cinquantaine d’artistes, cette exposition met en lumière l’importance de Karlsruhe en tant que foyer artistique et tente de sortir de la vision centrée sur les prépondérances parisienne et berlinoise, mêmes si leurs rôles sont essentiels. Une exposition riche et foisonnante, très éclairante.
Au cours du siècle écoulé, nombre d’artistes sont partis de Karlsruhe pour se diriger vers les capitales tandis que d’autres s’y rendaient, en raison du rayonnement de son Académie des Beaux-Arts. Certes, Paris et Berlin jouent un rôle essentiel et primordial dans le développement de l’art européen du XXème siècle, mais il ne faut pour autant occulter l’importance des échanges et des liens étroits qui se sont tissés avec Karlsruhe et la région du Rhin supérieur. Le propos de l’exposition est de mettre en lumière une production artistique d’un siècle environ, de 1904 à 2010, éclairant au passage les relations entre les artistes et leurs migrations, les liens avec les évènements historiques et les déplacements des zones d’influence au cours de la période, tout en soulignant au passage le dynamisme et la vitalité de l’école de Karlsruhe.
Durant la première moitié du vingtième siècle c’est Paris qui apparaît comme le pôle attractif de l’art mondial, Berlin étant emprisonnée derrière son mur. Dans les années soixante, le renouveau allemand se manifeste à Münich, Düsseldorf, Berlin et Karlsruhe, avec le développement de la nouvelle figuration. Nombre de professeurs berlinois sont alors nommés à l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe (Markus Lüpertz, Georg Baselitz, Max G. Kaminski, Per Kirkeby) et ils permettront l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs dans les années 1980. Des artistes comme Lothar Quinte, Klaus Jürgen-Fischer, Lambert Maria Wintersberger, Wolfgang Glöckler et Stephan Balkenhol en sont issus et s’installeront d’ailleurs dans la région rhénane, jusqu’en Alsace.
A partir de la chute du mur, Berlin retrouve sa place et sa force d’attraction. Nombre d’artistes s’y rendent, y travaillent et y exposent. Berlin fascine toujours et sa vie artistique est dense et novatrice. Les deux capitales, l’allemande et la française restent bien vivantes sur le devant de la scène internationale. Karlsruhe n’en perd pas pour autant sa vivacité et sa vigueur. Avec les époques, le vent tourne et les centres d’intérêt se déplacent. Soufflant tantôt d’est, tantôt d’ouest, mais aussi à travers les époques, il essaime et, grâce et à cause de lui, les novations germent dans les métropoles. L’exposition est touffue et variée. On y retrouvera avec plaisir des pièces issues du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, du Musée Unterlinden de Colmar, du fonds du FRAC Alsace, du Ludwig Museum de Coblence, de la Staatliche Akademie der Bildenden Künste de Karlsruhe ou de galeries allemandes comme Klara Wallner ou Clemens Thimme de Karlsruhe. Elle s’organise autour les trois pôles principaux : Paris, Karlsruhe, Berlin, ainsi que des artistes représentatifs des périodes et des centres d’attraction.
Son propos et les nombreuses références, la cohorte des artistes présentés peuvent, à tort, la faire ressentir comme complexe et d’un accès ardu. Il faut aller au-delà de cette première impression et se laisser prendre par la force et la beauté des œuvres. La surprise nous y attend tous les deux pas. Il serait difficile de se décider pour telle découverte ou tel coup de cœur, tant les pièces présentées sont variées et tant l’impression de vitalité domine tout au long du parcours. Ne pouvant malheureusement citer tous les artistes, nous nous limiterons, cruellement, à quelques tableaux qui nous ont procuré une émotion particulière.
D’emblée c’est David Hardy, dit le Suisse-Marocain (ci-dessus), qui nous accueille dans le hall d’entrée avec « Forget the 20th Century Misery, Enjoy the 21st Century Misery » (technique mixte sur carte géogaphique cousue sur tissu, 2005-2006) et nous donne d’emblée le ton et le caractère foisonnant de l’exposition. On retrouve dans la première salle une installation de cet artiste « Airline Suisse Marocain » (matériaux divers, bois et textile, 1999-2001), l’avion reprenant symboliquement le thème du vent et du déplacement, cœur de l’exposition.Axel Heil, qui est aussi le commissaire de l’exposition, nous présente « To be as if » (impression photo sur toile, 1996) une photographie mise en scène, un autoportrait posant la question du rôle de l’artiste et de la place de l’art. On le retrouve plus loin, avec « The last of the Mohicans » (technique mixte sur coton, 1995) où il nous propose, à la manière d’une gravure en noir et blanc, un jeune garçon perché dans un arbre, lisant un livre. Montrant à travers une représentation, une réalité qui s’évade dans un imaginaire, créant par là une nouvelle réalité, il nous montre le jeu des significations qui s’opère, en apparente simplicité, en réelle complexité.
Superbe découverte avec Walter Becker (1893-1984), l’un des représentants de la « génération perdue», ces artistes expressionnistes de l’entre-deux-guerres qui furent muselés par les nationaux-socialistes. « Yvonne » (Frau mit schwartzem Haar) (huile sur toile, vers 1946) et « Blaue Hose » (huile sur grosse toile, 1960) (photo ci-dessous) sont deux éléments montrant à l’évidence le travail d’un artiste dont la notoriété n’a pas été à la hauteur de son travail et de son talent.
Enfin « Männerwald » (tempera, pastel, craie colorée, poudre de bronze sur panneaux colorés, 1967) (photo ci-après) nous emporte dans le monde de Hap Grieshaber (1909-1981), marqué par une énergie primitiviste saisissante. Celui –ci fut un temps l’assistant de Baumeister dans les années trente. Ce travail nous a marqué par sa monumentalité et sa force expressive.
Pour sa cinquième grande exposition, le Musée Würth a joué une carte ambitieuse et pointue. « Paris-Karlsruhe-Berlin, Vents d’Est et d’Ouest » est d’une très belle richesse et d’une surprenante densité. On y retrouve de grands noms, mais aussi d’autres, moins connus. Elle nécessite d’être vue et revue, visitée et revisitée, tant les liens qui y sont tissés sont nombreux, tant la surprise qui nous y attend est fréquente. Le Musée Würth la présente jusqu’au 9 janvier prochain, nous laissant ce temps précieux, nécessaire à la découverte et propice à l’émotion.
En plus de la théière, on distinguait vaguement une construction en forme de pagode, la voici vue de plus près...
Mais ce qui encore plus kitsch, c'est cette sculpture...




Au bout de quelques minutes est arrivé le propriétaire de la parcelle. D'une extrême gentillesse, il nous a expliqué dans le détail la manière d'effectuer les différentes cueillettes.
Les théiers poussent au milieu des arbres, avec des fougères et d'autres plantes. 
Les théiers ont plusieurs couleurs de feuilles, allant du vert clair au vert sombre, voire brun-rouge.
La présence des insectes et des fruits sur les théiers témoigne de la bonne santé de la parcelle et du non-usage d'insecticides et de désherbants.

Voici ma dernière trouvaille : une jolie petite boîte de 50 grammes, éditée par la maison Messmer, à l'occasion d'un jubilé. Sa forme, cylindrique, et la petite boule qui surmonte le couvercle, nous font penser à la forme d'un moulin à prière. Dimensions : diamètre 8,8 cm, hauteur totale 7,8 cm.
De dominante rouge pour le fond, les autres couleurs utilisées pour le décor sont le noir et le doré.
Le décor est construit autour d'idéogrammes (sur le couvercle et les côtés) et de trois illustrations latérales : une japonaise en kimono portant une tasse de thé, entourée d'un bonsaï à sa gauche et de bambous sur sa droite. Ces représentations sont stylisées et sont de l'ordre du cliché, d'autant plus que les inscriptions sur la boîte nous indiquent qu'elle contenait un mélange de thés de Ceylan et de Darjeeling ! Un comble !!! Les représentations de l'Extrême-Orient dans l'imaginaire occidental ont décidemment la vue dure...
L'inscription à l'intérieur du couvercle est la suivante : "Messmer Tee JUBILÄMS - MISCHUNG Diese Geschenkdose erhalten sie kostenlos und ohne Preisaufschlag dür deises dosenverpackung" (Thé Messmer Mélange du jubilé Cette boîte-cadeau vous est proposée gratuitement et sans augmentation de prix pour ce conditionnement).



La pivoine arbustive est celle qui fleurit en premier : pétales blancs et coeur jaune et rouge... C'est superbe !
L'érable a changé ses couleurs, c'est maintenant le vert qui domine.













