lundi 29 mars 2010

L'échapée de lumière

Matin. Un ciel chargé de nuages sombres, et brusquement, le soleil qui transperce la grisaille et jette un coupe de projecteur sur un coin de terre habité d'un arbre solitaire. D'être éclairé ainsi le fait presque paraître en fleurs, mais il n'en est rien. Uniquement des contrastes et de la couleur sublimée par la lumière. Les sillons en deviendraient des cultures alignées, sur fond de mousson et de ciel menaçant.
Le petit brin de chance c'est d'être là à ce moment précis. Le spectacle est court, éphémère même. Intense.
Un moment magique,

Le visiteur du bord de l'eau

Jolie surprise, samedi matin, en aval de l'écluse Ste Marguerite, à Strasbourg, s'était installé un héron. Visiteur inhabituel en ces lieux, il avait sans doute repéré que ces eaux pouvaient receler quelques poissons, et, immobile et l'oeil attentif, il guettait...

Une belle rencontre !

Hier j'ai rencontré au Thé des Muses les membres du Club des Buveurs de Thé de Bretagne et du Pays de Loire, autour d'un petit brunch et de quelques tasses de thé. Ce fut un moment très sympathique qui nous permit de partager notre passion commune.
Nous avons commencé par Un Eté à Pushkar (thé vert aromatisé aux fruits exotiques, mélange exclusif de la maison) renforcé par un coulis de fraise et de jus de pomme. Ensuite un Ban Mai (thé vert du nord de la Thaïlande, micro production de 150 kg par an) avec une petite salade (mesclun, magret de canard, viande des grisons, cerneaux de noix, pignons de pins, dés de poire et raisins de Corinthe), puis un Emmenthal français (toujours avec le même thé) suivi d'une Fourme d'Ambert mariée à un Selimbong (Darjeeling Second Flush 2009). Pour terminer, un cake au matcha et un gâteau à la cannelle et à la pomme, associés à un Suancha (thé oolong de faible oxydation du nord de la Thaïlande).
Merci Françoise, d'avoir organisé cette superbe rencontre, riche en échanges et en découvertes.
Un très beau moment, qui je n'en doute pas, sera suivi par d'autres.
Francine a eu l'immense gentillesse, doublée d'un joli talent, de publier quelques billets de la visite du Club des Buveurs de Thé à Strasbourg. Je voudrais ici la remercier très chaleureusement. Pour les lire, cliquez sur le lien suivant

mercredi 24 mars 2010

Du soleil ? Vite une ballade !

Du soleil ? Vite, une ballade !
C'est ce que je me suis dit hier soir, en rentrant du boulot. J'avais un peu plus d'une heure devant moi, alors le temps de préparer mon petit matériel (thé, thermos d'eau chaude, zhong dans sa petite boîte) et mon sac à dos, de calmer les chiens qui avaient compris qu'on allait se dégourdir les jambes, et nous voilà partis à grimper à travers les vignes, histoire de se préparer un thé à l'orée de la forêt.
Un zhong dans les ronces... Le beau temps va arriver... (proverbe d'ici)
Etant sur le versant est, le soleil est vite passé de l'autre côté de la montagne, mais l'ambiance est tout de même magique à cet endroit.

J'ai choisi un petit coin sympa, un sentier avec des rochers comme je les aime et c'est là que j'ai posé mon sac et préparé mon oolong de Thaïlande (Suancha) en zhong. Température limite pour l'eau mais la liqueur reste fameuse, et, après 30 minutes de grimpette, on a les yeux remplis de paysage et les arômes du thé qui tapissent le palais et le nez.

Un grand moment de "beautifulithé" (j'aurais pu dire de théitude...) et de calme.
Très belle cueillette : bourgeon + 2 feuilles.
Kouma et Swann au repos, c'est étonnant !
Les premiers bourgeons d'un merisier...
et la magie des mousses sur les rochers.Pour la prochaine fois, je ferai attention au soleil. A suivre...

lundi 22 février 2010

Ecorces et mousses

Vues de près, les écorces et les mousses semblent abstraites, même les petits champignons paraissent irréels..
Laissons opérer la magie...

Oh de la neige...

Inattendue, la neige...
Mais où se cache ma petite maison dans les vignes ?

jeudi 4 février 2010

Pu erh shu de 2002

Je me suis fait plaisir en goûtant un de mes pu erh, un shu de 2002, trouvé au Langage du Thé à Strasbourg. Une petite galette de 100 grammes, qui fleure bon le bois fraîchement scié, peut-être du cerisier ou un autre arbre fruitier. Je pose mon nez sur le thé et me remplis de ses arômes, les choses se précisent doucement, de l'arbre fruitier on glisse vers le chêne, avec des nuances infimes de cherry et de vanille. Ca rappelle le stock de bois d'un atelier d'ébénisterie, le bois sain et vivant.
Détail intéressant : les petites proéminences sous la galette, pour assurer une bonne circulation de l'air pendant le stockage.
Pour préparer mon shu, j'ai choisi, Ô SACRILEGE, une petite théière en fonte de 33 cl. Que les puristes s'arrêtent de lire ! Si cela ne vous choque pas, vous pouvez continuer.Il est des jours où l'on a envie de sortir des sentiers battus et des recettes rabattues pour aller se promener sur d'autres chemins et je dois dire qu'aujourd'hui l'inspiration fut bonne et l'expérience concluante. Pour aller jusqu'au bout de ma logique je ferai une dégustation comparée et simultanée avec le même thé dans deux théières différentes, celle-ci et une de mes yixing. A suivre...
J'adore cette petite théière que j'ai trouvée aux puces l'an dernier. Culottée, voire même trop chauffée par endroits, j'ai passé pas mal de temps à la nettoyer mais le résultat est carrément sympa. Jolis petits décors floraux et marque de la fonderie sous le bec.
Pour le déguster, j'ai jeté mon dévolu sur un bol coréen du 17ème siècle, fin et craquelé, au bord légèrement rêche. L'accord des trois me plaisait.

Le résultat fut à la hauteur de mes espérances. Dans ce grand bol, la thé a trouvé rapidement la temperature idéale pour être consommé. Au nez, le bois laisse rapidement la place à des notes compotée (prune cuite légèrement caramélisée) rehaussées par une touche de cannelle et de chocolat. Ces notes sont rapidement remplacées par celles de petites fruits rouges (groseille, framboise) et noirs (mûre). Ces touches acidulées sont complétées par un passage léger et éphémère de violette puis s'orientent vers la gelée des mêmes fruits. Après une dizaine de secondes, les arômes s'orientent vers un équilibre dominé par le pruneau et la groseille, qui dure encore un long moment. La tasse froide revient aux notes de bois de la galette sèche, la boucle est bouclée, le thé a ouvert sa porte et a raconté une histoire. Je crois qu'il y en aura d'autres... Ce que la fonte a pu lui donner de nervosité, de métallique, le bol l'a minéralisé, en lui conférant une musique un peu terreuse, voire granuleuse. Le shu est rond et dominé par ces belles notes de bois perçues sur la galette. Il remplit la bouche sans agressivité et la tapisse. Petite astringence sur le milieu de la langue et le haut du palais, mais ce n'est pas un défaut. Le deuxième passage conserve les mêmes caractéristiques.