
Au petit matin au mois d'août
L'air est chargé de vapeurs
La lumière irrise les gouttes
La végétation sort de sa torpeur.
Les arroseurs, au loin,
Entament leur ballet
Dessinant des arcs sans fin
Dans le paysage évaporé.

Le thé et son univers, l'art sous différentes formes, l'écriture...
Une petite thermos d'eau chaude, une boîte avec un zhong et une tasse, un peu de thé...



Avec ce paysage alentour, les parfums de la forêt, la lumière et peut-être aussi une vibration particulière de ce lieu celte, c'était un véritable régal.
Germain Roesz expose à Colmar, en deux lieux différents : au Lézard et à la Bibliothèque Municipale. Pour l'artiste, colmarien d'origine mais strasbourgeois d'adoption, il s'agit d'un retour aux sources, mais pas seulement. Si l'articulation maîtresse de ce travail s’est dessinée à partir de « La Vierge au buisson de roses » de Martin Schongauer, c'est aussi dans sa propre enfance et dans ses souvenirs que l'artiste est allé puiser son inspiration. L'exploration artistique donne lieu ici, de surcroît, à un livre autobiographique : « L 'Eclat Rouge ».
se situent dans la droite ligne du travail de l’artiste. A l’extérieur c’est l’ancien cloître des Dominicains qui accueille dans sa galerie six grands formats à l’huile sur toile (jusqu’à 3,60 m sur 2,80 m) et une dizaine de formats plus réduits, intégrés dans les éléments architecturaux : portes, cartouches muraux. La proximité géographique de l’œuvre de Martin Schongauer et les travaux exposés là s’impose tout de suite : un seul mur sépare les deux espaces, les deux regards, mais la parenté virtuelle est ici clairement incarnée, le dialogue y est permanent. En investissant les murs du cloître, l’artiste nous impose une fois de plus cette évidence : l’art contemporain s’accorde à merveille avec l’architecture médiévale et la sérénité de l’endroit. La force des lignes répond aux arrondis des chapiteaux, l’énergie de la couleur se marie aux murs ocres et à la végétation du cloître.
Source d’inspiration puissante, il représente une vierge à l’enfant, assise devant une roseraie fleurie où apparaissent des oiseaux et des anges, chargés de symboles. L’influence des peintres flamands est ici sensible, que ce soit dans l’expression du visage de la vierge ou dans le travail du drapé de sa robe rouge. Si le réalisme et les symboles étaient de mise pour Schongauer, pour Roesz l’inclassable, (expressionnisme abstrait ou abstraction lyrique, post-fauve ?) nous n’assistons pas à une tentative d’imitation ou de copie. Ce qui l’attire dans cette vierge au jardinet, ce n’est pas son regard triste et sa souffrance, ce n’est pas le contraste entre son expression et la luxuriance florale du fond, mais bel et bien un élément marquant, exploré et exploité jusqu’à l’usure : « Si je considère juste le drapé, j’ai une formidable entrée dans la couleur, une porte vers une abstraction rouge. Se perdre dans le manteau de la Vierge n’est pas irréparable » (in L’Eclat Rouge).
Dernière trouvaille aux puces : sans doute la plus petite boîte à thé que je n'ai vue de ma vie. Elle ne porte que très peu d'indications et les décors sont, comme c'est d'ailleurs souvent le cas, abîmés par l'âge et l'usage. Ses dimensions sont les suivantes : base 4,3 cm x 2,7 cm, hauteur 7,3 cm.
Le couvercle présente une tête de femme, vue de profil, avec une tasse de thé. Inscriptions sur le couvercle : THE IMPERATOR et les lettres A et L entremêlées.
