dimanche 9 août 2009

Sincha sur mousse et aiguilles de pin

C'est la saison des balades en forêt (ça dure toute l'année en réalité !) ... et comme toujours, nous ne partons jamais sans un peu d'eau chaude et quelques feuilles de thé. Aujourd'hui l'humeur était à un thé vert japonais, récolté ce printemps... une évocation remplie d'arômes et de saveurs partagées...
Petit casse-croûte savoureux et bonheur du thé préparé en forêt, dans un environnement qui fleure bon le pin. Il a fait très chaud, et l'ombre clairsemée de rayons de soleil fut vraiment délectable et apprécié.
Pour la préparation, nous avons apporté une dôle de petite théière avec une anse latérale et une ouverture ressemblant à celle des tasses à moustaches. Compromis entre le poëlon japonais et la théière classique. Pour la dégustation, deux jolies petites tasses chinoises du 19ème siècle : 6cm de diamètre et une contenance de 4 cl, juste ce qu'il faut pour déguster le nectar !Le carré de tissu est japonais.
Mon chien s'enivre d'odeurs et observe...

mardi 4 août 2009

Une belle boîte d'Aiguebelle

La chocolaterie d'Aiguebelle a aussi vendu du thé, peut-être est-ce encore le cas par ailleurs. Créée par des moines au 19ème siècle, elle est devenue La Compagnie Chérifienne de Chocolaterie, et est installée au Maroc depuis le milieu du 20ème siècle.
La boîte est ronde, à couvercle en forme de dôme et contenait du thé de Chine, qualifié de "hors choix". D'une contenance de 125 grammes, la boîte mesure 11 cm de haut et 8 cm de diamètre.Le décor à fond noir présente un paysage de jardins dans lequel on aperçoit deux personnages moustachus, sans doute des chinois. L'un joue d'un instrument à cordes devant un pavillon, l'autre est accoudé à une barrière devant un guéridon portant une théière et une tasse. On reconnait dans la végétation des branches de palmier, des iris, des camélias et des arbustes taillés.
Le texte précise : "mélange exquis des meilleures sortes reçues DIRECTEMENT des divers ports de la Chine tamisées et mises en boîtes par CHOCOLATERIE D'AIGUEBELLE, DRÔME". Difficile d'être plus vague...
Le choix des décors évoque le raffinement, la culture et l'hospitalité, le pavillon de thé est sans doute inspiré du pavillon japonais. Les représentations, une fois de plus, mélangent les origines. Il fallait que cela fasse extrême-oriental, et vu d'ici, les limites entre la Chine et le Japon ne devaient pas être très claires... du moins sur le plan culturel.

Petit matin en août


Au petit matin au mois d'août

L'air est chargé de vapeurs

La lumière irrise les gouttes

La végétation sort de sa torpeur.

Les arroseurs, au loin,

Entament leur ballet

Dessinant des arcs sans fin

Dans le paysage évaporé.


Vu sur une façade de cathédrale...

Sur la façade de la collégiale St Martin à Colmar, une sculpture au-dessus d'un portail représente une scène entre un homme et un démon. Nul doute que cette fellation soit allégorique ! A moins que ce ne soit une partie de chatouilles.
Les artistes médiévaux taillaient ferme...

Un Japon FF 09 sur un rocher celte

Jolie petite ballade dans les Vosges, dimanche, au-dessus de Dieffenthal (Bas-Rhin). Au milieu des pins se trouvent quelques rochers où les celtes venaient il y a plus de 2000 ans : Wolfskirche et Opferstein. Une petite thermos d'eau chaude, une boîte avec un zhong et une tasse, un peu de thé...













Au milieu des arbres se dresse l'Opferstein, qui se traduit littéralement par "la pierre aux sacrifices", un peu plus haut on tombe sur l'ensemble dit Wolfskirche, soit "l'église au(x) loup(s)". Il faudra que j'aille jeter un coup d'oeil à cette histoire là, pour éclaircir un peu ma lanterne... et lire les explications que l'on donne pour ces étranges creusets circulaires taillés dans la roche et appelés des cupules.
Je m'y suis préparé un thé vert japonais, récolte de printemps 2009 : Hon Yama bio. Le pied !
Une petite thermos d'eau chaude, une boîte avec un zhong et une tasse, un peu de thé...
Avec ce paysage alentour, les parfums de la forêt, la lumière et peut-être aussi une vibration particulière de ce lieu celte, c'était un véritable régal.

vendredi 24 juillet 2009

Clin d'oeil tibétain

Un petit article trouvé sur l blog du journal Le Monde, où l'on nous parle d'un resto tibétain à Paris.
J'irai y manger la prochaine fois que j'irai à Paris. Ca me tente vraiment.
Pour lire l'article, cliquer sur

http://saveursdexils.blog.lemonde.fr/2009/07/21/de-phari-a-paris-%C2%AB-tashidelek-%C2%BB-le-premier-restaurant-tibetain-de-france/

Germain Roesz et Martin Schongauer

Voici mon dernier article à paraître dans l'Hebdoscope du mois d'août. L'article est visible sur le site Tranversales en cliquant sur http://www.transversalles.com/nord/index.php?id=113&no_cache=1&zone=4&tx_ttnews[tt_news]=2690&tx_ttnews[backPid]=5
Vous pourrez voir des photos dans mon billet du 16 juillet en cliquant sur
http://tasseetplume.blogspot.com/2009/07/germain-roesz-colmar.html
Pérégrinations carminées

Germain Roesz
expose à Colmar, en deux lieux différents : au Lézard et à la Bibliothèque Municipale. Pour l'artiste, colmarien d'origine mais strasbourgeois d'adoption, il s'agit d'un retour aux sources, mais pas seulement. Si l'articulation maîtresse de ce travail s’est dessinée à partir de « La Vierge au buisson de roses » de Martin Schongauer, c'est aussi dans sa propre enfance et dans ses souvenirs que l'artiste est allé puiser son inspiration. L'exploration artistique donne lieu ici, de surcroît, à un livre autobiographique : « L 'Eclat Rouge ».
Un livre et deux lieux : belle occasion de se promener sur les pas de Germain Roesz, à la fois dans le temps par la lecture et dans l’espace à la rencontre des expositions. La galerie du Lézard, l’association culturelle colmarienne, présente une partie des œuvres constituant « L’éclat rouge, hommage à Martin Schongauer ».
L’exposition de la Bibliothèque est partagée en deux secteurs. A l’intérieur du bâtiment quatorze moyens formats (acrylique sur papier) et plusieurs vitrines présentent la démarche poétique et le travail d’illustration. Mélange d’écritures et de peinture, ces travaux se situent dans la droite ligne du travail de l’artiste. A l’extérieur c’est l’ancien cloître des Dominicains qui accueille dans sa galerie six grands formats à l’huile sur toile (jusqu’à 3,60 m sur 2,80 m) et une dizaine de formats plus réduits, intégrés dans les éléments architecturaux : portes, cartouches muraux. La proximité géographique de l’œuvre de Martin Schongauer et les travaux exposés là s’impose tout de suite : un seul mur sépare les deux espaces, les deux regards, mais la parenté virtuelle est ici clairement incarnée, le dialogue y est permanent. En investissant les murs du cloître, l’artiste nous impose une fois de plus cette évidence : l’art contemporain s’accorde à merveille avec l’architecture médiévale et la sérénité de l’endroit. La force des lignes répond aux arrondis des chapiteaux, l’énergie de la couleur se marie aux murs ocres et à la végétation du cloître.
« La Vierge au buisson de roses » (1473) chef d’œuvre de Martin Schongauer exposé à l’Eglise des Dominicains, constitue le point de départ de ce travail de Germain Roesz. Ce tableau lui apparaît comme l’une des pièces maîtresses de ses édifications enfantines. Source d’inspiration puissante, il représente une vierge à l’enfant, assise devant une roseraie fleurie où apparaissent des oiseaux et des anges, chargés de symboles. L’influence des peintres flamands est ici sensible, que ce soit dans l’expression du visage de la vierge ou dans le travail du drapé de sa robe rouge. Si le réalisme et les symboles étaient de mise pour Schongauer, pour Roesz l’inclassable, (expressionnisme abstrait ou abstraction lyrique, post-fauve ?) nous n’assistons pas à une tentative d’imitation ou de copie. Ce qui l’attire dans cette vierge au jardinet, ce n’est pas son regard triste et sa souffrance, ce n’est pas le contraste entre son expression et la luxuriance florale du fond, mais bel et bien un élément marquant, exploré et exploité jusqu’à l’usure : « Si je considère juste le drapé, j’ai une formidable entrée dans la couleur, une porte vers une abstraction rouge. Se perdre dans le manteau de la Vierge n’est pas irréparable » (in L’Eclat Rouge).
Ce drapé sera le trait d’union entre enfance et présent, art médiéval et art contemporain. Pour lui, cet élément du tableau est fondateur et déclencheur. Ce manteau rouge retombant sur un parterre d’herbes et de fleurs constitue le point de départ d’une déclinaison, le fil conducteur, le lien tissé d’une toile à l’autre, le prétexte créatif, la permanence incandescente d’un développement répété. A travers cette démarche, il repousse les limites de son sujet, explorant jusqu’à la frontière inconnue de sa sensibilité et de ses souvenirs enfouis. On retrouve ainsi une silhouette esquissée, un visage suggéré par quelques coups de pinceau, mais surtout ces traits de couleur renvoyant sans cesse au drapé du tissu. Le pli se transforme en ligne, la peinture en devient sensuelle, tant la projection du manteau laisse entrevoir ce qu’il devait cacher. Au travers de cet hommage à Martin Schongauer, la vierge passe du jardinet au jardin, et Germain Roesz revient sur ses brisées. Interrogeant tant sa mémoire que le lieu où il a grandi, tant l’histoire que ses traces, il nous invite à une évocation personnelle où se mêlent les images et les mots, jusqu’à l’oubli du temps.